Chronotopes de la marge et de l’errance chez Monique Proulx et Panait Istrati
DOI:
https://doi.org/10.35219/Keywords:
chronotope, marge, errance, identité plurielle, comparatisme littéraireAbstract
Notre étude propose de confronter deux mondes littéraires très différents: celui de Monique Proulx, romancière québécoise, et celui de Panait Istrati, écrivain roumain de langue française. Tous deux placent au centre de leur œuvre des personnages qui vivent en marge et qui préfèrent se changer souvent leurs univers spatiaux, à la recherche d’un lieu ou d’un sens. L’objectif est de comprendre comment ces expériences de la périphérie et de l’errance structurent leurs récits et façonnent une vision particulière de l’identité. L’approche adoptée est comparatiste et croise plusieurs outils: la narratologie, qui éclaire la construction des intrigues, la géocritique, attentive aux espaces et aux déplacements et les études culturelles, qui permettent de replacer ces récits dans leurs contextes sociaux et biographiques. Le corpus retenu comprend notamment Enlève la nuit (2005) de Proulx, roman polyphonique qui fait entendre les voix nocturnes d’un Montréal fragmenté, et plusieurs récits d’Istrati, tels que Kyra Kyralina et Les Chardons du Baragan, où l’errance du narrateur devient le moteur d’une quête existentielle.
Les résultats montrent que la marge et l’errance ne sont pas seulement des thèmes récurrents, mais de véritables principes de composition. Chez Monique Proulx, la ville nocturne devient un espace où se révèlent les invisibles, tandis qu’Istrati inscrit la dérive et le voyage au cœur même de son esthétique. Dans les deux cas, la mobilité spatiale et temporelle ouvre la voie à une identité plurielle, mouvante et résistante, qui fait de l’écriture un lieu de liberté et de réinvention.
